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Poems—
Heure vécue
Poem by Madame M. Jacquet
Music by J. Massenet
à Mademoiselle Marié de
L’Isle
Also 20 Mélodies — Volume VII #19 [1912]
Une nuit
brune
D’un soir d’hiver…
Un ciel sans lune…
C’est déjà loin!.. et c’est hiver.
Ardentes fièvres!
Profond soupir!
Entre leurs lèvres…
Un très long baiser vint mourir.
Et ce fut tout.
Une heure… un charme,
Puis, une larmes!
Heure inoubliable, surtout!
Première page
D’un livre aimé,
Vite fermé…
De peur d’en lire davantage.
C’est déjà loin! et c’est hiver.
L’heure volée
Poem by Catulle Mendès
Music by J. Massenet
à mon ami F. Delmas
Also 20 Mélodies — volume VI #5 [1903]
« Sonneur
qui sonne l’heure et l’heure
Sur la ville dans le clocher,
L’heure grave d’ouïr prêcher, celle où l’on rit, celle où l’on pleure,
Qui sonnes, été comme hiver,
Les baptêmes, les agonies,
La mort aux affres infinies
Et l’hymen souvent plus amer,
Dis, sonneur, qui jusqu’au soir blême
Tires la corde à tour de bras,
Pourquoi l’homme n’entend-il pas
L’heure exquise, l’heure où l’on aime ? »
Et le sonneur répond:
« Pourtant, comme les autres je la sonne;
Est-ce ma faute si personne
En ce bas monde ne l’entend ?
Dès que l’Orient s’ensoleille,
Devrait tinter l’heure d’amour;
Mais un séraphin fait de jour
Entre au clocher et me surveille;
Et d’une adroite main, tandis
Que je sonne, avant qu’elle sorte
Il l’a prend au vol et l’emporte
Pour les anges au paradis ! »
L’Heureuse souffrance
Poem by Georges de Dubor
Music by J. Massenet
à Madame M. De Laboulaye
Also 20 Mélodies — volume VI #7 [1903]
Cœur, va
vite, pauvre cœur,
Va vers celuy que j’adore.
Et luy dis de quelle ardeur
Je brusle
Et que je l’implore.
Dis-luy comme nuiet et jour
Si loin de luy je souspire,
Dis-luy que pour son amour
Je nay que peine et martyre.
Dis-luy comme sans repos,
Eternellement je pleure,
dis-luy comme à tout propos
Me lamente d’heure en heure.
Mais, entre tant de rigueurs,
Tant de peines, tant d’alarmes,
tant de soupirs, tant d’ardeurs,
Tant detrespas, tant de larmes,
Dis-luy que si quelquefois
Il a de moy souvenance
Je suis encor mille fois
Trop heureuse en ma souffrance !
(tendre
et douloureux)
Hélas !...
Horace et Lydie
Poem by Alfred de Musset
Music by J. Massenet
Also 20 Mélodies — Volume IV #19 [1896]
Horace
Du temps
où tu m’aimais, Lydie,
De ses bras nul autre que moi
E’entourait ta taille arrondie;
J’ai vécu plus heureux qu’un Roi!
Lydie
Du temps
où j’étais ta maîtresse,
Tu me préférais a Chloé,
Je m’endormais à ton côté,
Plus heureuse qu’une Déesse!
Horace
Chloé me
gouverne à présent;
Savante au luth, habile au chant,
La douceur de sa voix m’enivres.
Je suis prêt à cesser de vivre
S’il fallait lui donner mon sang!
Lydie
Je me
consume maintenant
Pour Calaïs, mon jeune amant,
Qui dans mon cœur a pris ta place;
Ah! Je mourrais deux fois, cher Horace,
S’il fallait lui donner mon sang!
Horace
Eh quoi!
Si dans notre pensée
L’ancien amour se ranimait?
Si ma blonde était de laissée?
Si, demain, Vénus offensée!
A ta porte me ramenait?
Lydie
Demain?..
Horace
Demain?..
Lydie
Calaïs est
jeune et fidèle,
Et toi, poète, ton désir
Est plus léger que l’hirondelle,
Plus inconstant… que le zéphir;
Pourtant, s’il t’en prenait envie,
Avec toi j’aimerais la vie,
Avec toi je voudrais mourir!
Duet
Pourtant,
s’il t’en prenait envie,
Avec toi j’aimerais la vie!
Avec toi je voudrais mourir!..
Avec toi je voudrais mourir!..
Avec toi je voudrais mourir!
Hymne d’amour
Poem by Paul Desachy
Music by J. Massenet
à Mademoiselle Bréval
Also 20 Mélodies — Volume IV #6 [1896]
Comme un
lierre grimpant s’enlace autour du chêne
L’Amour s’est emparé de moi; maître vainqueur,
Il m’étreint à jamais d’une invincible chaîne,
Et son hymne éternel s’élance de mon cœur.
L’amour est un rêve où se berce l’âme
Comme en un murmure assoupi de lame
Qui chante en léchant le rivage d’or.
C’est un songe exquis qu’un baiser achève,
Où l’être s’oublie, où le cœur s’endort.
L’amour, l’amour, c’est le rêve !
L’Amour, c’est la joie, et c’est la souffrance :
Le frisson divin, ou l’affreuse transe
De la jalousie aux griffes de fer;
Ivresse, désir, tourment, espérance,
Paradis tout bleu, misérable enfer,
L’Amour, l’Amour, c’est la joie!
(avec élan)
La joie
(lentement et douloureusement) et c’est la souffrance.
L’Amour, c’est la Vie, et toute la terre
Palpite et frémit, en proie au mystère
Qui la fait vibrer dans l’éternité.
La lèvre se pâme ardente, ravie
Au baiser brûlant de l’Humanité.
L’Amour, l’Amour, c’est la vie!
C’est l’amour!
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Last updated
March 17, 2008 |